KINTZ Alex

Parcours

Titre de la thèse préparée :
L’École Supérieure de Guerre : prosopographie des « brevetés » comme source d’une histoire institutionnelle de l’enseignement aux armées sous la Troisième République (1871-1940)
Directeur(s) de thèse

Programmes de recherche

Programmes de recherche

Résumé de la thèse

 L’École Supérieure de Guerre constitue le cœur de l’enseignement supérieur militaire français sous la Troisième République. Chargée de sélectionner sur concours, puis de former les officiers destinés au service d’état-major et de préparer au haut commandement, elle participe à la formation des élites de l’armée française. Pourtant, cette institution demeure méconnue de l’historiographie, tout comme les près de 6 000 officiers français et étrangers qui y obtiennent un brevet de capacités entre 1876 et 1940.
Cette thèse entend ainsi explorer l’histoire de cette institution et des officiers qu’elle forme, par une approche prosopographique globale d’un échantillon de « brevetés » des promotions de 1876 à 1939. « Globale », puisque par cette méthode nous pourrons dépasser les approches exclusivement institutionnelles ou biographiques, pour, au contraire, articuler ces deux niveaux d’analyse.
La création de l’École Supérieure de Guerre d’abord s’inscrit dans un contexte de remise en cause profonde des structures militaires françaises après la défaite de 1870. Les critiques formulées contre le corps d’état-major conduisent à repenser la sélection et la formation des élites militaires. Elle succède ainsi à l’ancienne école d’état-major et reçoit une triple mission : diffuser les hautes études militaires, recruter les officiers d’état-major et préparer au haut commandement. Autant d’objectifs qui marquent une idée centrale : vaincre la défaite.
Son histoire reste toutefois marquée par des réformes successives (1876-1878-1880 pour sa fondation ; décrets de réorganisation récurrents ; fondation du Centre des Hautes Études Militaires en 1910), des difficultés à s’imposer dans les structures de l’armée française (« lutte » avec les officiers de l’ancien corps d’état-major), et des crises politiques qui affectent l’armée (instabilité de la Troisième République ; affaire Dreyfus, 1894-1906 ; affaire des fiches, 1904-1905 ; La Grande Dépression), etc. L’expérience de la Première Guerre mondiale invite aussi à s’interroger sur les transformations de l’entre-deux-guerres : Quelles leçons en sont tirées ? Dans quelles conditions l’école rouvre-t-elle ses portes ? La résilience de 1914 des cadres de l’armée française, est-elle cultivée ou figée par les vainqueurs ?
Les évolutions qui entourent cette institution nous permettent aussi d’envisager une logique plus individuelle. En portant une attention particulière à une histoire des individus, attentive aux origines sociales, aux formations, aux parcours professionnels et aux réseaux, nous interrogeons ainsi les processus de distinction au sein de l’appareil militaire français. Distinction puisque l’École Supérieure de Guerre, est une formidable accélératrice de carrière, cette dernière étant classiquement comprise comme un parcours avec lequel les individus doivent composer en menant des stratégies individuelles. La carrière militaire n’y dérogeant pas, le passage à l’École Supérieure de Guerre apparaît alors comme un « moment » marquant dans la vie professionnelle, personnelle et intellectuelle d’un officier français, et dans la construction de ses relations interpersonnelles.
L’approche prosopographique et la stratification de notre échantillon nous permettent ainsi de mieux comprendre ce groupe si singulier des brevetés. Nous pourrons mieux cerner les continuités et les ruptures derrière les motivations à candidater à une école initialement délaissée puis prestigieuse, les mécanismes de formation d’une technocratie intellectuelle, les savoirs qu’elle intègre et restitue, en éclairant finalement la construction d’un groupe professionnel central dans l’appareil d’État.
Cette thèse vise ainsi à analyser la formation, les trajectoires, les réseaux et les évolutions d’une élite militaire centrale sous la Troisième République, afin de mieux comprendre sa culture professionnelle, son rôle dans la structuration de l’institution militaire et ses relations avec les sphères politiques et sociales.
 

Missions

Missions

Contrat doctoral du 1er octobre 2026 au 30 septembre 2029

Type de membre
Contrat doctoral
Statut Membre
Histoire contemporaine
Bureau Membre
UFR Sciences humaines et Sociales - Metz