Émile Ollivier. Un romantique en politique
Sous la direction d'Éric ANCEAU et de Frantz LAURENT avec la collaboration d'Isabelle CARLI,
Bernard Giovanangeli éditeur / Ville de Saint-Tropez
Émile Ollivier (1825-1913) est l’un des personnages les plus décriés et méconnus de notre histoire. Avocat républicain, préfet éphémère en 1848, élu député d’opposition en 1857, il devient rapidement l’un des plus grands orateurs parlementaires de son temps. Mais l’homme ne se laisse pas facilement enfermer dans des cases : esprit libéral, aux idées sociales, partisan du libre-échange et du principe des nationalités, il se rapproche progressivement de Napoléon III au fur et à mesure que celui-ci libéralise son régime. En janvier 1870, fort de garanties sur un cadre de réformes qu’il juge nécessaires, il accepte de devenir le principal ministre de l’Empereur. Mais alors qu’il est lui-même partisan de la paix, c’est sous son ministère que la guerre est déclarée contre la Prusse. Il prononce à cette occasion des paroles malheureuses qui le poursuivront durablement. Après l’arrêt de sa carrière politique en août 1870, il commence une longue carrière d’écrivain, cherchant notamment à se justifier dans un monument de la littérature française, L’Empire libéral.
Romantique comme son modèle, le poète Lamartine auquel il succède à l’Académie française, Ollivier goûte peu aux mondanités parisiennes, malgré sa passion pour la musique, en particulier celle de son beau-père Franz Liszt et de son beau-frère Richard Wagner. Aussi fait-il de sa propriété de la Moutte – à Saint-Tropez, dont il est alors l’habitant le plus illustre – un havre de paix et de réflexion, où le temps semble suspendu. C’est d’ailleurs là qu’il sera enterré, face à la mer, avec pour simple épitaphe : « Magna quies in magna spe » (Un grand repos dans une grande espérance).
